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Publié le 03/07/2013 à 23h42

Quelle est la «cause immémoriale» de la politique, la seule qui, «depuis l'aube de l'humanité», ait déterminé son existence même ? Réponse de Hannah Arendt : «La cause de la liberté, contre la tyrannie.» A cette idée, la philosophe allemande, citoyenne américaine, est toujours restée fidèle, alors que les totalitarismes du XXe siècle la donnaient pour perdue : dans toute son œuvre elle a montré que la raison d'être de la politique est de produire des institutions capables de garantir des espaces au sein desquels la liberté peut se manifester de la manière la plus étendue. Les grands mouvements révolutionnaires que l'histoire a connus n'avaient pas d'autres buts, qu'ils aient été ou non atteints.

Hannah Arendt ne pouvait pas ne pas les analyser, à commencer par les révolutions américaine, française et russe. Elle le fait dans De la révolution, un ouvrage de 1963 (1965 pour la version définitive) devenu un classique, qui examine les motivations sociales, psychologiques, économiques des mouvements révolutionnaires, et pose critiquement la révolution comme «nouveau commencement» et refondation non seulement de la politique, mais de la vie.

On y trouve, omniprésente, une critique de la violence et de la «terreur» qui nécessairement la suit, des partis et des révolutionnaires professionnels (dont le rôle «consiste généralement non pas à faire la révolution mais à accéder au pouvoir une fois qu'elle a éclaté»), mais le

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