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Critique

Sociologie

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Publié le 03/07/2013 à 23h42

Avoir réuni dans ce petit recueil Sociologie des sens (1907, in Sociologie et Epistémologie) et les Grandes Villes et la Vie de l'esprit (1902, in Philosophie de la modernité), un des textes les plus célèbres du philosophe et sociologue allemand, est assez heureux, en ce que le rapprochement fait de suite entendre que Georg Simmel interprète la métropole en termes «sensitifs», en tant qu'expérience psychique et corporelle. La notion d'interaction est certainement au centre de la sociologie simmelienne qui conçoit la réalité comme un réseau où tous les phénomènes s'interpénètrent et la société comme ensemble de «formes» que les relations de réciprocité entre individus prennent dans des situations et des temps différents, avant de se solidifier en institutions.

Aussi Georg Simmel en étudiant la ville moderne considère-t-il non l'espace physique mais la matrice d'expériences qui structurent l'interaction. L'expérience la plus notable que fait l'individu métropolitain est celle de l'«intensification de la vie nerveuse» - sur laquelle Simmel greffe ensuite les autres caractéristiques, l'impersonnalité des échanges, l'exactitude des rapports, le «caractère blasé des citadins», la «réserve» des habitants, l'individualisme… Mais, s'opposant aux tenants d'une science sociale qui ne s'appliquerait qu'aux phénomènes macroscopiques, Simmel, dans les quelques pages de Sociologie des sens, entre dans le détail

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