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Publié le 03/07/2013 à 23h43

En 2000, Jean-Jacques Schuhl se retrouvait en pleine lumière, avec l'attribution du Goncourt pour Ingrid Caven. Un roman sur sa compagne, chanteuse et actrice, égérie chez Fassbinder. L'écrivain sortait d'un silence littéraire de vingt-quatre ans. De lui, on ne connaissait que Rose poussière et Télex n°1, livres cultes parus en 1972 et 1976. Gallimard réédite le deuxième, une plongée dans les années 70, avec ses mannequins brindilles, le Palace, l'ombre de Lénine, Mao, l'infatigable Eddy Merckx et les miroirs à poudre. D'emblée, Schuhl, qui prône l'impersonnalité de l'auteur et penche vers le «livre-machine», prévient : il va être question avant tout d'accessoires et les personnages sont plutôt des figures. Une romance ténue court entre une fille baptisée Louise Brooks, qui danse au milieu des poubelles par temps de grève d'éboueurs londoniens, et un être aux identités multiples : Lord L., J.-F. Champollion, «le jeune homme aux 101 cannes».

La fin sera digne de celle de Lady Di, mais qu'importe, car il ne s'agit pas à proprement parler d'une histoire, plutôt d'un montage de «lambeaux». Des fantômes, des personnages invoqués parcourent le livre et les chambres du Ritz : le roman est «une mince variation sur le thème de l'hôtel». Passent Rita Hayworth et autres prophètes ou stars qu'on adorerait non pas parce qu'on s'identifie à eux, mais parce qu'ils nous donnent «l'occasion de perdre notre identité». Simu

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