Il n'y a pas de journalistes dans les romans de Sorj Chalandon. Antoine, le héros de Mon Traître, est luthier, Georges, celui de son dernier livre, le Quatrième Mur, est un étudiant attardé. Georges comme Antoine explorent deux des territoires que Sorj Chalandon a parcourus lorsqu'il était grand reporter à Libération : le Liban et l'Irlande. On retrouve dans ses romans sa profonde connaissance de ces terrains, son empathie pour ces pays déchirés, leurs habitants, leurs militants et leurs guerriers. Et si l'écrivain cherche à s'effacer derrière le reporter, on retrouve un style, une manière d'écrire et de décrire qui fut la sienne dans notre quotidien.
Scène. Comme le dit Cesare Pavese, dans le Camarade, un livre qui a des familiarités avec le Quatrième Mur, «dans notre métier on ne va pas vers quelque chose on est quelque chose». Ce «quelque chose» dans le roman de Chalandon raconte une amitié entre Georges, longtemps gaucho et antifasciste (on ne disait pas alors antifa), et Samuel Akounis, juif et grec, metteur en scène et militant contre la dictature des colonels.
Avec ce fil rouge, Chalandon construit son roman sur l'impossible représentation à Beyrouth en guerre d'Antigone d'Anouilh. Sam qui se meurt d'un cancer à Paris charge Georges de trouver des acteurs de toutes les communautés du Liban pour monter cette pièce qui fut à Paris, en février 1944, la métaphore de la résis




