L'an dernier dans «Oh…», Philippe Djian se glissait dans la peau d'une quadra indépendante prise entre son fils qui peine à grandir, son amant qu'elle partage avec sa meilleure amie et son violeur qu'elle se surprend à apprécier. Une expérience qui lui valut le prix Interallié. Cette année, avec Love Song, il s'attaque à un univers plus familier, celui du rock. Parolier de son ami Stephan Eicher depuis des années, c'est pourtant la première fois qu'il situe une de ses intrigues dans ce milieu, infiltré grâce à un personnage qui a pris beaucoup de lui.
Daniel, musicien, la soixantaine passée, écrit en une nuit sa dernière love song. Le résultat, Comment oses-tu ?, est dark, mélancolique.
C’est que Rachel, sa femme, vient de se réfugier, en larmes, dans le nid matrimonial. Elle l’avait pourtant plaqué huit mois plus tôt pour aller vivre avec son amant, musicien de seconde zone. Une deuxième chance pour le couple ? Pas de bol, Rachel est enceinte du Judas et pas prête à concéder au moindre effort. Le couple se reconstruit à sens unique sur les cendres de la relation précédente. Malgré son infidélité, Rachel garde intacte une rancune pour une vieille dispute. Des cicatrices sur ses jambes en sont les témoins.
En face, Daniel tente de réveiller le désir sexuel éteint de sa partenaire et se prépare à élever l’enfant d’un autre, sa culpabilité en bandoulière. Comme souvent chez Djian, le sexe est un acteur de l’histoire. Ici, il brille par son absence, souli




