On ne lui épargne rien, ni insultes personnelles ni critiques politiques. On lui reproche un «manque d'amour pour Israël», on la condamne pour avoir, juive, trahi les siens, offensé les victimes de la Shoah, disculpé les bourreaux. Ses amis Gershom Scholem et Hans Jonas la quittent.
Adolf Eichmann est capturé par le Mossad le 11 mai 1960, en Argentine. Lieutenant-colonel des SS, il avait préparé la Conférence de Wannsee où fut décidée la «Solution finale» qu’il participera à mettre en œuvre : le tribunal de Jérusalem le condamne à mort, le 31 mai 1962.
Hannah Arendt quitte l'Allemagne à l'avènement du nazisme, et, à Paris, aide au départ des jeunes Juifs vers la Palestine. Elle est arrêtée comme «étrangère ennemie» en mai 1940, et envoyée au camp de Gurs, Pyrénées-Atlantiques, d'où elle s'évade. Elle arrive aux Etats Unis en 1941. Après la guerre, citoyenne américaine, elle entame sa carrière de professeur en sciences politiques à Berkeley, Princeton, Columbia… Lorsqu'elle part à Jérusalem suivre, pour The New Yorker, le procès Eichmann, la philosophe a déjà publié, entre autres, les Origines du totalitarisme et l'Humaine Condition.
Avant de devenir un livre - Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal -, le reportage d'Arendt est publié en cinq livraisons dans le New Yorker, à partir du 16 février 1963. Et c'est le hourvari, la curée, «sans doute le plus grand scandale» qu'un ouvrage




