Menu
Libération
Critique

Edward Page Mitchell, savant-première

Réservé aux abonnés

Aux origines de la SF

Publié le 27/11/2013 à 17h26

L’incroyable scène se déroule en 1878, à Baden-Baden - monotone ville thermale depuis qu’on y a interdit le jeu - où la haute société venait tremper ses maux dans l’eau soufrée. En visite dans l’Europe de la Belle Epoque, un Américain du nom de Fisher, pris par méprise pour un médecin, est traîné au chevet d’un mystérieux personnage russe, le baron Savitch, en proie à d’atroces souffrances. Fisher ne trouve rien de mieux à faire que de lui servir un bourbon. Le baron, élégant homme de 35 ans, pris de convulsions, prend sa tête étrangement sphérique dans ses mains et lui intime de… dévisser le haut de son crâne.

Ce qu'il y a à l'intérieur fait l'objet de l'Homme le plus doué du monde, intrigante et courte nouvelle du méconnu Edward Page Mitchell (1852-1927) qui invente il y a cent trente ans, d'un même jet, l'ordinateur moderne, l'intelligence artificielle, l'ordinateur conscient et le cyborg, devenus depuis des poncifs de la science-fiction. Jean-Noël Lafargue, expert en technologies et enseignant en art et nouveaux médias, signe cette première traduction française imprimée, dans un ravissant petit livre, richement illustré, décrivant l'auteur comme le chaînon manquant entre Edgar Allan Poe et Edgar Rice Burroughs.

Cryogénie. Redécouvert au début des années 70, le brillant journaliste ne signait pas ses nouvelles de SF et fantastiques. Ses récits spéculatifs étaient publiés dans le Sun, grand quotidien new-yorkais, sans a

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique