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Portrait

Etre ado, mots pour maux

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Yoan Biyaoula livre le récit vitriolé de sa jeunesse écorchée.

Publié le 03/01/2014 à 21h36

Je suis une armée est l'histoire d'une adolescence difficile, d'un décrocheur scolaire, d'un pro de la petite arnaque, d'une victime d'agression. Le texte de Yoan Biyaoula, partie de «Raconter la vie», est brut, dur, un mix perfectible de phrasé de banlieue et de mots châtiés. «Le vocabulaire que j'utilise est important, c'est comme je suis. Ma mère est blanche, mon père noir, j'habite à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en bobo. Y a toujours cette ambivalence. Le français, c'est un mélange en termes de langue et de population», explique-t-il.

Attablé dans un café bohème de Montreuil, Yoan, 27 ans, jean moulant rouge vif et baskets aux pieds, déroule ses vingt premières années de manière brouillonne. Né à Dijon, d’un père d’origine congolaise, le gamin grandit dans plusieurs villes de la banlieue parisienne. Mais son père est écrivain et sa mère prof de français. Pas vraiment l’image habituelle du décrocheur scolaire.

Violence. «Les difficultés ont commencé quand je suis arrivé au collège à Aulnay-sous-Bois, un lieu où on doit déterminer son origine avant ce que l'on veut faire ou qui on veut être.» Il est choqué par la violence verbale et physique qui règne. «La mathématique de banlieue veut que l'atrocité du lieu soit inversement proportionnelle à la sympathie qu'évoque son nom : nous vivions allée des Cyprès», écrit-il. Pour gérer les élèves chahuteurs, on leur colle un professeur vieux jeu qui donne à li

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