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Décès

LeRoi Jones, blues final

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Poète, musicien et écrivain central de l'histoire du blues, il était devenu dans les années 60 un militant armé très controversé au sein du courant nationaliste noir.

Amiri Baraka, alias LeRoi Jones, lors du Malcom X Festival d'Oakland, en Californie, en 2007. (Photo David Sasaki. Wikimédias Commons)
Publié le 10/01/2014 à 17h05

LeRoi Jones, l'intellectuel nationaliste noir le plus virulent des années 60 aux Etats Unis, s'est éteint mercredi dans un hôpital de Newark (New Jersey) à l'âge de 79 ans. A l'origine du mouvement Black Arts, pendant artistique du courant politique Black Power, Everett LeRoi Jones aura durant toute sa carrière alimenté la révolte des Noirs américains contre l'establishment et la culture blanche dominante. Jusqu'à se perdre dans des complots imaginaires et des déclarations qui ont fait oublier son œuvre.

Sergent dans l’US Air Force dans les années 50, Everett LeRoi Jones abandonne l’uniforme pour rejoindre Greenwich Village, quartier de New York alors en plein bouillonnement artistique. Il y découvre toute la folie du jazz et de la Beat Generation. C’est par le biais de la petite maison d’édition qu’il fonde alors, Totem Press, qu’il publie à l’époque deux auteurs majeurs de ce courant littéraire, Jack Kerouac et Allen Ginsberg, revendiquant bien haut des convictions communistes qui lui étaient reprochées lors de son passage dans l’armée.

En 1960, LeRoi Jones décide de se rendre à Cuba. Lorsqu'il en revient, son engagement politique est à son comble. Tour à tour poète, écrivain et critique musical, il livre notamment le Peuple du blues (Blues People, Negro Music in a White America), qui reste encore aujourd'hui l'une des analyses des plus pertinentes sur l'histoire de cette musique. Premier ouvrage écrit par un Noir sur le blues, il retrace ses origi

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