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critique

Le bagne des maudits

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Les «relégués», une catégorie à part dans les oubliettes de Guyane.

Publié le 05/02/2014 à 17h36

De tous les parias qui se retrouvèrent un jour dans les bagnes de Guyane, les plus infortunés furent sans conteste les

«relégués».

Contrairement aux

«transportés»

(les condamnés aux travaux forcés) ou aux

«déportés»

(les détenus politiques, à l’instar d’Alfred Dreyfus), les «relégués» avaient en effet déjà payé leur dette à la société. La relégation était une

«peine accessoire»

qui frappait les délinquants multirécidivistes à leur sortie de prison, une double peine donc, qui expédiait en Guyane pour le restant de leurs jours ceux que l’on disait irrécupérables.

La plupart étaient des miséreux, analphabètes à 50%, des pas-de-chance venus des régions déprimées du nord de la France ou d'Algérie, et condamnés pour des petits délits, principalement le vol ou le vagabondage. Les autres bagnards ne s'y trompaient pas, qui méprisaient ces «pouilleux» et ces «déchets sociaux». Jean-Lucien Sanchez a consulté des centaines de dossiers aux archives d'outre-mer et de Cayenne pour écrire le premier livre consacré au destin tragique de ceux qu'on appelait les «pieds de biche».

«Epurer». La relégation fut instituée en mai 1885. C'était une loi républicaine, «de sauvegarde républicaine», voulue par Gambetta, défendue par la puissante loge maçonnique «Travail et persévérante amitié» et appliquée par le ministre Waldeck-Rousseau. Son objectif était simple : «Epurer la nation de ses ferment

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