Le récit commence par la description d’un tableau et se clôt par un brin de poésie. Le tableau est une toile du peintre victorien William Frederick Yeames (1835-1915), visible à la Walker Art Gallery de Liverpool. La poésie est un couplet de Shakespeare lisible dans
le Conte d’hiver
. Le tableau représente une scène fictive se déroulant pendant la guerre civile anglaise (1642-1649). Dans la maison d’un royaliste fidèle à Charles I
er
, des partisans de Cromwell interrogent un très jeune garçon et lui posent une question inquiétante qui donne son titre au tableau et, par ricochet, au livre :
«Quand as-tu vu ton père pour la dernière fois ?»
Les vers de Shakespeare disent :
«Les jonquilles, qui viennent avant que l’hirondelle n’ose / Et qui prennent les vents de Mars avec beauté.»
«Grammaire». Entre un petit garçon sommé de trahir son père et les jonquilles qui prennent les vents de Mars, la narration d'Alex Taylor est stéréophonique. Certes un morceau de sa vie, arrimé, ligoté même, à l'agonie de son père, dévoré par l'Alzheimer, une intimité qui a priori ne regarde que lui. Mais aussi un récit ouvert à toutes les imaginations, aussi bien de celui qui l'écrit que de celui qui le lit, puisqu'Alex Taylor a pris la décision dangereusement impudique de libérer la folle du logis qui habite en lui. «Le langage se contente de suivre le mouvement et le temps. C'est un très mauvais gardien de prison. Il suffit qu'




