Il n'est pas fréquent qu'un investisseur se vante d'avoir acquis un objet «volé» à ses propriétaires. C'est pourtant l'annonce que s'apprête à faire ce jeudi Gérard Lhéritier, patron de la société Aristophil. Il écrit ainsi un nouveau chapitre d'un feuilleton aux multiples rebondissements, dont Alexandre Dumas aurait pu trouver matière à un roman.
«Récit le plus impur qui ait jamais été fait», avertit l'auteur, Les 120 journées de Sodome, ou l'école du libertinage est la première oeuvre importante du marquis Donatien Alphonse François de Sade. Il fut rédigé à la prison de la Bastille, où ce fils de noble provençal avait été transféré en 1784 du donjon de Vincennes. Il était incarcéré depuis sept ans, sa famille ne parvenant plus à le protéger des accusations d'enlèvements, orgies, actes de sodomie et tortures infligées à ses victimes, qui le poursuivaient depuis son plus jeune âge. Dans ce théâtre du sexe, de la démesure et de la souffrance, il met en scène quatre aristocrates faisant subir 600 perversions à 42 jeunes enfermés dans un château.
Un rouleau de douze mètres
A l’automne 1785, l’auteur met en forme ses brouillons, en un texte d’une écriture serrée et minuscule sur des feuillets de 11,5 cm de large, en partie recto et verso, collés bout à bout pour former un rouleau de 12,10 mètres de long. Il le dissimule entre les pierres de sa cellule. Le 2 juillet 1789, Sade harangue de sa fenêtre la foule des sans-culottes réunie sur la place de la Bastille. Le gouver




