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Interview

Robert Tombs: «Les communards ont suivi par devoir, par camaraderie»

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Rencontre avec l’historien anglais.

Photographie datée du 18 mars 1871 d'une barricade, rue d'Allemagne et rue Sébastopol, pendant la Commune de Paris. (Photo AFP)
Publié le 09/04/2014 à 18h26

La Commune de Paris fut recouverte de tant d’analyses et d’explications divergentes, encombrée de tant de fantasmes et de mythes, qu’en proposer une synthèse claire pouvait sembler illusoire. C’est «un sphinx», avait écrit Marx, qui «met l’entendement à rude épreuve».

Le livre de l’historien anglais Robert Tombs réussit pourtant cet exploit : offrir de la Commune un récit simple et vivant, qui chemine parmi les événements et les interprétations avec une sorte d’évidence tranquille et de malicieuse distance critique.

On y trouve d'abord la relation détaillée de ces soixante-douze jours qui ébranlèrent le pays, depuis le célèbre 18 mars 1871, jour où des milliers de Parisiens s'opposent à l'enlèvement des canons de la butte Montmartre, jusqu'aux massacres de la Semaine sanglante, à la fin du mois de mai. Sans gommer les conflits qui opposaient les différentes tendances (blanquistes, jacobins, proudhoniens, internationalistes, etc.), l'ouvrage montre aussi ce qui fit l'identité politique de ce moment : le désir d'autonomie communale, qu'on entendait étendre à toutes les localités du pays dans un idéal de libre fédération, la notion de pouvoir «délégué», donc toujours révocable, l'anticléricalisme, le respect de la propriété mais assorti de mesures sociales (sur les salaires, les loyers, le mont-de-piété), le programme d'«éducation nouvelle».

Mais la grande force du livre tient surtout à la minutieuse remise en contexte qu'il opère. Car en dépi

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