C’est l’histoire d’un type, Wally, 15 ans, qui a une
«non-coupe»
de cheveux. Mais des parents coiffeurs. Ceci explique sans doute cela, rébellion adolescente. Puis c’est l’histoire d’un groupe de rock, les Etrangers, dans laquelle celle de Wally disparaît, comme si l’auteur avait délaissé son sujet en route, son ado avec ses problèmes de pauvres, déplacé sa caméra pour ne plus faire que des travellings sur la société au prisme du rock. Par exemple :
«Au pays des Boucles d’Or vivent des enfants riches, des fils de gavés, des petits ambitieux qui pensent que le succès est un dû. La musique ne les intéresse pas, c’est une orientation professionnelle comme une autre. Ils tentent le truc mais si ça ne marche pas, ce n’est pas grave, ils iront bosser à l’agence de papa.»
Lapins. Bon, c'est vrai, outre la querelle des Beatles et des Stones, de Gaga et de Britney qui se voit ici régénérée, les gens qui se trouvent légitimes de naissance, c'est un problème. Mais il n'y a pas que celui-là. A la fin de Musique rapide et lente, récit entropique qui avance en se décousant, il y a aussi les esclaves des légitimes, les lapins qui se prennent tout seuls dans les phares. Trois ans après le début du récit, lors de l'ultime concert des Etrangers, Wally ne peut hélas plus se faire entendre, même en montant le son, car il s'aperçoit que tout le public est en train de hurler dans son smartphone : «Ils avaient une communication urgen




