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Critique

L’âge des oraisons

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Maurice Goldring refuse de dresser une stèle aux anciens stals.

Maurice Goldring lors d'une émission de la chaîne KTO, en 2009. (Capture d'écran YouTube)
Publié le 25/06/2014 à 18h06

Ce petit livre percutant part de deux constats. 1) La gauche française ne s'en sortira que si elle analyse sérieusement «les engagements et les meurtrissures du communisme». 2) L'auteur, Maurice Goldring, remarque qu'il a récemment entendu un certain nombre d'oraisons funèbres pour d'anciens camarades, qui ne parlaient jamais des crimes commis au nom du communisme. «Pas un mot sur le passé stalinien. Pas un mot sur les camps de la Kolyma, le goulag, les épurations.» Agé de plus de 80 ans, Goldring était spécialiste de l'Irlande à Paris-VIII. Il a été membre du PCF de 1960 à 1981. A partir de là, plaisantant à moitié, il propose ses services comme auteur d'oraisons funèbres pour ceux qui, comme lui, ont milité «quelques années au sein d'une organisation communiste révolutionnaire ayant apporté soutien politique ou logistique à des massacres de masse commis au nom de leur idéal et se sont repentis». Il se propose de répondre à des questions comme : «Comment était-ce possible ?» C'est très simple, les grands procès se réverbéraient en petits procès dans les fédérations et cellules. «Devant des accusés ébahis, nous jouions les procureurs inflexibles. Avoue ! Reconnais tes fautes ! Il fallait des arguments d'autant plus tranchants que les tortures et les emprisonnements étaient interdits par les lois bourgeoises.»

Magouille.Goldring oppose les «ex» qui, comme lui, ont reconnu leurs erreurs aux «anc

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