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Libération
Critique

L’image fantôme

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Anne Brunswic voyage sur les traces d’une mère rayée de la carte, quand elle avait 8 ans.

Publié le 25/06/2014 à 18h06

Il y a toujours quelque chose de désolant dans les quêtes qui n'aboutissent à rien. Non pas qu'on reste sur sa faim, ce serait un moindre mal. Non plus qu'en remuant un passé mystérieux, on ait par la même occasion inutilement soulevé des cache-misère qui faisaient au fond bien leur office. Voyages avec l'absente ne fait pas exception à la règle. Et si Anne Brunswic a écrit là un merveilleux parcours historique, géographique et littéraire, la poursuite qu'elle mène sur les traces de sa mère, laisse un goût de profonde mélancolie, d'espoir inassouvi. L'absente s'appelle Françoise Braunschweig, née Tuchband le 22 mars 1924 à Schaerbeek (Bruxelles), de nationalité britannique, résidente en Belgique. Anne Brunswic a pour autre lien de parenté, côté maternel, la famille Ségal, principalement incarnée par sa grand-mère Léa et sa grand-tante, Marcelle, célèbre prêtresse dans les années 60 du courrier du cœur dans Elle, «devenue à cinquante ans passés un phénomène médiatique. On la consulte comme une pythie, on la moque, on l'admire, on l'imite. […] Sa patronne, Hélène Gordon-Lazareff, une juive comme elle d'origine russe, est en train, en important les recettes de la presse magazine américaine, de révolutionner l'univers popote des journaux féminins».

Couverture bleue. Mais c'est Léa qui compte. Léa qui a conservé toutes les lettres de sa fille et également rédigé «un fascicule bleu», envoyé en 1977 à chacun d

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