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critique

Un voyage dans l’hiver de la vieille Europe

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Patrick Leigh Fermor, Anglais de bonne famille, relate son périple à pied dans les années 30.

Patrick Leigh Fermor, en 1934, au monastère de Rila (Bulgarie). (Photo Patrick Leigh Fermor. Collection John Murray)
Publié le 02/07/2014 à 18h06

Son long périple d’un bout à l’autre de l’Europe, depuis les côtes hollandaises jusqu’aux rives du Bosphore, Patrick Leigh Fermor, alors âgé de 19 ans, a voulu le faire à pied

«comme un clochard, un pèlerin, un moine itinérant, un goliard, un chevalier désespéré»

et il a tenu son engagement, à part pour de brèves étapes à cheval ou en train. Mais la narration qu’il en a tirée est encore plus étonnante que les conditions du voyage lui-même. Il alterne descriptions érudites, récits de rencontres, chroniques mondaines, digressions historiques pour raconter au ras de la boue et de la poussière une Allemagne sur le point de basculer dans le nazisme et une Europe centrale travaillée par les démons du nationalisme. Etudiant de bonne famille, passé par les meilleures

public schools,

«Paddy» reconnaît volontiers ses lacunes et ses professeurs s’inquiétaient à son propos

«d’un dangereux mélange de sophistication et d’imprudence»

.

«Ce mélange n’avait rien produit qui ressemblât de près ou de loin à une compréhension de la politique et je dois avouer que, mis à part quelques préjugés prévisibles et presque subconscients, je me moquais bien de la politique»,

note-t-il avec l’auto-ironie délicieusement snob qui donne à son livre un ton très particulier.

Château. Le voyage était celui d'un jeune homme. Le récit, lui, a été écrit un demi-siècle plus tard par un écrivain en pleine maturité, nourri entre-temps d'expériences

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