Enfant, Ragnar Axelsson passait des heures à observer les oiseaux, puis à les photographier avec le Leica de son père, «développant les clichés dans la baignoire». Dans l'introduction du Photo Poche qui lui est consacré, l'historien britannique Huw Lewis-Jones raconte ainsi les débuts de cet Islandais, né le 6 mars 1958 à Kópavogur, un faubourg de Reykjavík.
Tout paraît étonnant sur cette île, où il y a autant d'ours polaires que de poètes, tous s'inspirant les uns les autres (parfois à mort), sans compter les huskys, sentinelles musclées. Engagé en 1974 par le Morgunbladid, premier quotidien islandais, Axelsson - qui signe Rax - se lance dans la photo d'actualité, le sport, puis dans les airs. Car ce casse-cou a aussi appris à piloter.
«Je n'ai rien contre la couleur, mais mon cœur est noir et blanc», dit-il, et son travail, en Islande comme au Groenland, documente les hommes qui ont l'air si petits et si fragiles, tourmentés par des vents katabatiques qui font rêver en pleine canicule. Il a une façon singulière de cadrer, et l'on se demande souvent où il est, lui, car l'échelle nous manque face aux icebergs ou aux lacs blottis dans la montagne.
Même s’il s’est surtout préoccupé de sa terre natale, Ragnar Axelsson a également voyagé en Indonésie avec le volcanologue Haraldur Sigurdsson, dans les pays baltes, en Afrique du Sud, au Canada. Chaque fois, il a pris soin de recueillir, pour les générations futures, une nature où règne encore la banquise, f




