Fenimore Cooper, beaucoup l’ont lu avec une jouissance folle, ambiguë. Son
Dernier des Mohicans,
publié en 1826. Son XVIII
e
siècle sur le lac Ontario. Ses Indiens fidèles ou cruels comme des ombres ceinturées de scalps, ses justes Anglais, ses Français pervers. Son formidable et sombre trappeur, Bas-de-Cuir. Cette joie intime et masochiste, pour l’enfant rêveur hexagonal, de faire son héros d’un homme élevé par les Indiens, qui lutte contre les Français. Pure liberté du livre : Je est un autre, et cet autre, là-bas, sous la neige, c’est l’ennemi.
Né en Ontario en 1966, Joseph Boyden aussi a lu et aimé les romans de Cooper, mais il ne les supporte plus : «C'est vraiment très romantique. Il idéalise les Indiens. Or, ce ne sont pas des bons sauvages. Ils forment des sociétés complexes, dures. J'écris pour leur rendre justice.» Et la justice passe par la recherche de la réalité vécue. Boyden ne regarde jamais les vieux westerns hollywoodiens, ceux «où les Indiens sont des figurants allemands qu'on descend comme des quilles». Mais il aime ceux de Clint Eastwood, en particulier Josey Wales hors-la-loi, et Little Big Man, d'Arthur Penn. Quant à Danse avec les loups, «c'est encore l'histoire du Blanc qui sauve les Indiens». L'acteur cinéaste Kevin Costner voulait acheter les droits de son troisième roman, Dans le grand cercle du monde. Malgré l'argent, Boyden a refusé.
Décharges.




