Menu
Libération
Interview

Volodine : «Une survie autour de l’amour éternel»

Réservé aux abonnés

Entretien avec l’auteur de «Terminus radieux»

Publié le 03/09/2014 à 18h06

Roman de neige et de feu, empreint d'un imaginaire violent, Terminus radieux peut passer aussi pour un cri d'alarme. Réponses d'Antoine Volodine.

Le roman n’alerte-t-il pas sur les bouleversements qui reconfigurent le monde aujourd’hui ?

Plusieurs cauchemars contemporains hantent ce livre : les accidents nucléaires, la carte du monde sur laquelle les territoires inhabitables se multiplient, et, du point de vue géopolitique, la multiplication des conflits armés et la défaite des idéologies libertaires. J’y ajoute une préoccupation qui n’est pas nouvelle dans la littérature post-exotique : l’idée - absolument pas délirante - d’une extinction de l’espèce humaine.

Terminus radieux porte la nostalgie non du régime soviétique mais des idéaux fondateurs.

J'ai eu la chance de connaître de l'intérieur le quotidien soviétique : la déglingue, la robustesse des objets, l'uniformisation des biens de consommation, le miracle soudain d'une trouvaille issue de l'Occident, d'un livre d'art, d'une corde de violon, d'un disque des Beatles, et tout cela accompagné d'une chaleur humaine, d'une générosité, d'une abnégation que l'Occident ne connaissait pas. Et, bien sûr, follement enveloppé d'un discours de grandeur impériale, de proclamations sur le socialisme et de citations de Lénine auxquelles plus personne n'attachait d'importance. C'était une société autarcique, schizophrène, qui fonctionnait, mais qui ne pouvait pas entrer longtemps en compétition avec le monde capitaliste, sinon peut-être sur le plan militaire, et encore. En ce sens, le livre de Svetlana Alexievitch, la Fin de l'homme rouge, est une description extrêmement émouvante de ce que j'ai co

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique