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critique

L’histoire est un roman vrai

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Ivan Jablonka publie un manifeste pour l’interpénétration des genres qu’il a déjà pratiquée avec brio.

Ivan Jablonka. (Photo Hermance Triay)
Publié le 10/09/2014 à 17h06


L'historien se doit de savoir raconter. Le débat n'est certes pas nouveau et il transcende la question des genres, aussi vrai pour ce que l'on a appelé - longtemps péjorativement - «l'histoire-bataille» que pour celle des mentalités ou de la longue durée, avant tout économique et sociale, comme en témoigna l'extraordinaire succès de librairie de Montaillou, village occitan d'Emmanuel Le Roy-Ladurie. La question est aujourd'hui plus actuelle que jamais. «Oui, l'histoire s'écrit. Oui, faire de l'histoire, c'est raconter une histoire, un récit d'événements vrais. Oui, il y a une littérarité de l'histoire et l'historien, ce poète du détail, effectue une mise en scène littéraire», clame Jablonka dans ce livre dense qui se veut «un manifeste pour les sciences sociales».

Réflexion sur l'écriture de l'histoire, cet ouvrage est de son propre aveu «le soubassement théorique», «l'héritier et le double» de son livre précédent, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus, où il reconstituait méticuleusement, à partir de témoignages et de documents, la trajectoire d'un couple de juifs Polonais communistes, Matès et Idesa Jablonka, depuis leur shtetl («village») polonais jusqu'à la chambre à gaz d'Auschwitz en passant par leur quotidien d'immigrants à Paris et leur vie traquée pendant l'Occupation. Un essai réussi de biographie familiale à la fois intense et rigoureux, où il racontait sa longue quête de sources entre les archive

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