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Voltaire sous les lumières de Glucksmann

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La défense d’un penseur jugé plus actuel que jamais et une ode à la liberté cosmopolite.

André Glucksmann. (Photo AFP)
Publié le 08/10/2014 à 19h56

[Nous republions cette critique à l'occasion de la mort d'André Glucksmann, dans la nuit du 9 au 10 novembre]

Adulée en son temps et symbole même de l’esprit des Lumières, la pensée de Voltaire fut méprisée au siècle dernier par une bonne partie de l’intelligentsia, nourrie de Hegel, Marx ou Heidegger et fascinée par les systèmes philosophiques offrant une vision du monde totale. Il n’était même plus vraiment considéré comme un penseur, tout juste un écrivain de talent dont les appels à la tolérance, l’apparente légèreté et le profond scepticisme sonnaient quand même par trop bourgeois. Seul Nietzsche n’avait cessé contre la pesanteur germanique de se référer à cette pensée libre et claire. Avec son titre explicite

Voltaire contre-attaque

, le nouveau livre d’André Glucksmann montre que ce philosophe reste plus que jamais actuel, notamment par sa remise en cause de tous les systèmes de pensée bétonnés prétendant au juste ou au vrai. Cet essai à la prose vive, court et percutant, est d’abord un hymne à

«la liberté cosmopolite»

face à la montée dans toute l’Europe et notamment en France des régressions identitaires et xénophobes.

«Consumé». «Le Vieux Continent fait soudain son âge, il se plaint, il s'alarme de la déferlante des nouveaux venus, il s'inquiète de lui-même et se méfie comme de la peste d'une planétarisation des rapports humains qu'il a lui-même initiée», écrit Glucksmann, rappelant que «la mondialisat

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