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Libération
Critique

L’espoir des chutes

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Le vertige vu comme une plongée à l’intérieur de notre corps.

(Photo Reuters)
Publié le 15/10/2014 à 17h06

Si on met le curseur tout à fait à gauche, on a la pathologie : le trouble, transitoire ou durable, de la sensibilité spatiale et de l'équilibre, la sensation généralement désagréable de rotation du corps par rapport à l'environnement, ou de l'environnement par rapport au corps, pouvant s'accompagner de nausées et vomissements, et ayant une multiplicité de causes, tant psychologiques (malaise, sentiment d'insécurité, anxiété, panique, agoraphobie, hystérie…) qu'organiques (migraines, lésions de l'oreille interne, lésions neurologiques, infections virales, intoxications médicamenteuses, hypertension artérielle ou endocrânienne, tumeurs du cervelet ou du nerf auditif…). Si on le place complètement à droite, on a un ensemble de métaphores : le vertige de l'amour, le vertige des sens, le vertige de la vitesse, le vertige de la liberté, dans lesquelles le terme peut être remplacé par ses synonymes, ivresse, frisson, exaltation, extase… Entre le sens médical et les sens figurés, il y a un vide si grand qu'il donne, précisément, le vertige, ou fait tourner la tête. Les philosophes ont quelque peu négligé la notion, hors La Mettrie peut-être, qui lui consacre un Traité destiné aux étudiants en médecine et aux «gens du monde qui ont quelque teinture en Physique», le vertige étant le «symptôme de bien des maux», ou les existentialistes, de Kierkegaard à Jaspers ou Sartre, qui du «vertige de la liberté» ont fait un concept. Aussi doit-on prêter atten

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