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Publié le 15/10/2014 à 17h06

Ainsi donc Patrick Modiano a-t-il été qualifié de «Proust de notre temps» par le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise Peter Englund. Ce n'est pas un mince compliment, même si la formule d'Englund avait d'abord pour objet de mettre en regard les jeux avec la mémoire auxquels nous invitent les deux écrivains. Ce faisant, la Suède nous a aussi rappelé que l'auteur de la Recherche restait l'étalon-or de la littérature française, là-bas comme ici, et probablement jusque sur la planète Mars.

Maintenant que le quinzième Prix Nobel de littérature français est passé sous la toise proustienne et déclaré bon pour le service, pourquoi ne pas y faire défiler a posteriori ses quatorze prédécesseurs ? Un passage en revue sera bon pour le moral des troupes ; par ailleurs tout ce qui se rapporte à Marcel a des vertus cardinales. Dans la liste des quinze champions du monde de l'écriture que la France a enfantés (oui : quinze, 15, fifteen, quindici, soit un tous les sept à huit ans en moyenne), liste qu'on aurait eu du mal à réciter de mémoire jusqu'à la semaine dernière, des noms se détachent qu'il est facile de connecter à Proust, d'une manière ou d'une autre : Henri Bergson, Anatole France, André Gide, François Mauriac, Albert Camus, Claude Simon.

D'autres réclament un peu d'effort, à commencer par Sully Prudhomme, poète qui fut en 1901 le tout premier Prix Nobel de littérature. Cette année-là, Marcel n'avait pas encore produit grand-chose (le 10 jui

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