Cette somme n’est pas une énième histoire des Indo-Européens mais celle de l’histoire d’une construction intellectuelle vieille d’au moins trois siècles. La recherche de ceux qui seraient nos ancêtres venus selon les premières interprétations d’Inde puis des steppes de Russie, du plateau anatolien, voire des bords de la Baltique. Un peuple guerrier et nomade qui aurait pris le contrôle d’une bonne partie du vieux monde, l’Europe et une portion de l’Asie, où l’on parle toujours ces langues indo-européennes que sont aussi bien le grec, le perse ou le sanscrit que les langues romanes - dont le français -, slaves, germanique, etc. Leurs mythes comme leur organisation sociale structureraient toujours notre imaginaire.
Professeur de protohistoire européenne à Paris-I, spécialiste reconnu du néolithique, Jean-Paul Demoule a voulu par ce travail critique «retracer la quête opiniâtre d'un mythe d'origine alternatif à celui de la Bible - mythe dont les Européens (chrétiens ou de tradition chrétienne) étaient redevables à […] leurs boucs émissaires favoris, les juifs». Une construction systématique, toujours inaboutie, où se mêle la linguistique comme l'archéologie qui a également servi aux Européens «à s'inventer un continent en isolant arbitrairement la partie la plus occidentale de l'Eurasie, voire une race dite "blanche" ou "caucasienne" mais qu'on aurait tout autant de mal à délimiter sérieusement».
Délires. Esprit volontiers i




