Brillant normalien, lieutenant à la mission militaire française à Moscou quand éclate la révolution, acteur de la construction des communismes français et russe, il fut le premier intellectuel français communiste salué ou vilipendé comme tel dans la presse de l’époque.
«Bolchevique chrétien»,
comme il se définissait lui-même, Pierre Pascal (1890-1983) devint ensuite un «dissident», inventant cette figure de l’opposant à l’intérieur du système, et dénonçant dès le milieu des années 20 le stalinisme naissant avant d’être expulsé d’URSS. Toujours, pourtant, il resta fidèle à ses engagements et à son inextinguible passion pour le peuple russe et son mysticisme.
«L'échec de sa révolution s'explique par sa déception devant l'abandon d'une utopie de rénovation radicale de la société fondée sur l'égalité évangélique», explique Sophie Cœuré, historienne et spécialiste notamment de la construction de la mythologie de l'URSS en Occident, qui consacre une passionnante biographie à ce grand slavisant devenu ensuite traducteur de Tolstoï et de Dostoïevski, dont le parcours résume les rêves et les désillusions de toute une génération. En même temps sont publiés les carnets de son journal de Russie entre 1928 et 1929, restés jusqu'ici inédits alors même qu'ils concernent un moment crucial de sa vie comme de l'histoire soviétique, celui du basculement de la révolution vers un Thermidor puis vers un régime de terreur.
«Imprévu». Rien ne préd




