«Le mendiant de Jérusalem» (1968)
Un événement contemporain - la guerre des Six Jours - est au centre de ce roman, où Elie Wiesel convoque ses personnages devant le mur des Lamentations. Dans ses Mémoires, il explique qu'il parle ici «de la tristesse qu'éprouve le vainqueur juif face aux vaincus. Et plus encore face aux enfants arabes qui voient en lui un vainqueur, donc un être capable de leur faire mal.» Paru au Seuil en 1968, le Mendiant de Jérusalem a reçu le prix Médicis.
«Tous les fleuves vont à la mer» (1994)
«Ecrire tient du mystère. Entre deux mots, l'espace est plus grand qu'entre le ciel et la terre.» Les Mémoires évoquent cet «acte de foi», la langue française apprise dans les livres, et les années de formation. Le jeune Wiesel découvre le sort «lamentable» réservé aux «personnes déplacées» après la guerre. Devenu journaliste, il quitte l'Europe. Le tome 2, Et la mer n'est pas remplie, contient un chapitre sur Mitterrand et «sa volonté de dissimuler» son passé.
«La nuit» (1958 et 2007)
Clé de voûte de l'œuvre de Wiesel, la Nuit a connu deux nouvelles éditions : l'une, en 2006, quand l'épouse du prix Nobel de la paix a publié une traduction plus conforme au texte original en yiddish. L'autre, en poche, chez Minuit, en 2007. Plus que le témoignage sur les camps, c'est le récit de la dernière nuit du père d'Elie Wiesel qui rend ce premier livre déchirant. L'adolescent laisse son père agoniser seul et ne s'en remettra jamais. «Son dernier mot avait été mon nom. Un appel, et je n'avais pas répondu.»




