«Tu vas voir un psy ? - Oui, deux fois par semaine depuis huit ans. - Mais pourquoi ? On t'écoute, nous !» De Blaise, 12 ans, gamin introverti et esseulé qui donne son nom à cette nouvelle série d'animation qui prend la suite de la Minute vieille, on entend surtout les parents (doublés par Léa Drucker et Jacques Gamblin). Un couple hétéro, blanc, classe moyenne intello, chantre de l'ouverture d'esprit mais dont l'obsession pour le politiquement correct peine à camoufler les relents réacs. En trois minutes, les photomontages de Dimitri Planchon, qui adapte ici sa BD sélectionnée à Angoulême en 2011, livrent une satire sociale exacerbée par l'impuissance de cet enfant qui subit d'office l'égoïsme (et l'égotisme) d'adultes lâches, névrosés et terrifiés par le jugement d'autrui - jusqu'à l'absurde. Du xénophobe assumé candidat à la présidentielle au psy narcissique abonné aux plateaux télé, en passant par les idoles du sport ou de la chanson, Blaise se veut un instantané grinçant et pince-sans-rire des travers de la société contemporaine, faux-jetonne et coincée dans une bien-pensance qui frise - voire embrasse carrément - le grotesque. On rit peu, mais c'est souvent jaune.
Critique
Malaise, Blaise
Publié le 30/08/2016 à 18h01
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