La somme que Saul Friedländer a consacrée à la Shoah méritait sans doute un éclairage. Plutôt que de s’en remettre à de savants exégètes, l’historien a préféré proposer son interprétation - dans un livre de souvenirs tout d’abord, dans un recueil d’entretiens ensuite. Les mémoires du grand homme, pour être franc, laisseront le lecteur sur sa faim, encore qu’ils comportent des passages captivants : la violence antisémite de l’historien Ernst Nolte (mort en août), le déchirement d’un homme que partagent sa soif de justice à l’égard des Palestiniens et sa fidélité à l’Etat hébreu, les méandres des carrières universitaires retiendront l’attention. Mais c’est le dialogue avec Stéphane Bou qui se révèle le plus fructueux : comment construire une histoire de l’Holocauste en intégrant le point de vue des victimes, quel regard critique porter sur le Shoah de Claude Lanzmann, comment échapper à l’accusation - avancée par des historiens allemands - de porter un regard biaisé, car juif, sur la destruction des Juifs d’Europe… Autant de points qui éclairent d’un jour nouveau la construction assurément douloureuse d’une œuvre majeure.
Critique
Shoah en questions
Entre souvenirs et entretiens, deux ouvrages de l’historien Saul Friedländer renseignent sur sa trajectoire.
Publié le 16/11/2016 à 20h16
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