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David Grossman, Alexander Kluge, Michaël Ferrier… Les cinq recommandations du cahier Livres

Toutes les semaines, les recommandations de «Libé» et les coups de cœur des libraires avec Onlalu.

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Publié le 26/10/2018 à 6h21

Dans la maison de la liberté, de David Grossman. Traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche et Rosie Pinhas-Delpuech. Seuil, 176 pp., 19 €.

Deux grandes plumes au service de la paix. David Grossman et Amos Oz militent pour deux Etats, l'un israélien, l'autre palestinien.

«Seule la paix pourra guérir Israël de l’angoisse profonde qui étreint le cœur de ses citoyens quant à l’espoir d’avoir un avenir, pour eux et leurs enfants»,

écrit David Grossman dans son recueil d'essais. Pour l'auteur d'

Une femme fuyant l'annonce, «

si les Palestiniens n’ont pas de maison, les Israéliens non plus n’auront pas de maison

».

Amos Oz, de son côté, prédit même un scénario catastrophe pour Israël si la politique actuelle se poursuitraduit de l’hébreu par Sylvie Cohen. Gallimard, 128 pp., 10,50 €.)

Chronique des sentiments, Livre II, Inquiétance du temps. Edition dirigée par Vincent Pauval. Collectif de traducteurs. P.O.L, 1184 pp., 39 €

Fiction, réalité, la frontière ne passe pas toujours où on croit.

«Quand les vies sont déchirées par le cours de l'histoire, la poétique ne saurait les raccommoder, les recoller, ou les recoudre. En revanche, s'il s'agit de comprendre ce que le monde nous réserve, elle a la capacité de  créer des relations.»

Le cinéaste allemand Alexander Kluge, qui publie un deuxième tome de son entreprise titanesque, écrit comme il filme. Il découpe, monte. Et construit ainsi depuis les années 60 une œuvre dans laquelle films, livres, magazines télévisés se renvoient des éclats lumineux.

François, portrait d'un absent, de Michaël Ferrier. Gallimard collection l'Infini, 256 pp., 20 €

Vertige, tremblement, c'est ce que Michaël Ferrier parvient dans chaque livre à retranscrire. Il construit ici un tombeau pour l'ami mort, leur jeunesse partagée, y compris leurs moments de brouille, pour mieux retrouver la netteté du lien qui les unissait.

«C'est au cimetière de Montmartre que repose François, mort à l'âge de 47 ans. J'avais fait sa connaissance trente ans plus tôt à Paris, quand nous étions étudiants. Ensemble, nous avons rêvé de faire un film de fiction sur l'amour et la physique quantique, et finalement c'est un livre que je dois faire, en son absence.»

Lettres à Philippe Sollers 1958-1980, de Dominique Rolin. Edition établie, présentée et annotée par Jean-Luc Outers. Gallimard, 480 pp., 24 €

Lettres d'une femme passionnée, la romancière Dominique Rolin, à l'homme de sa vie, Philippe Sollers. Vingt-trois années les séparent, mais l'écriture et l'amour se fondent dans un creuset unique. Ils parviennent à tenir leur liaison cachée pendant plus de quarante ans. La

«joie de l'amour» 

domine cette correspondance, qui ne va cependant pas sans panique ni souffrance. Outre l'expression des sentiments, abandonnée et précise, un don d'observation très original, une lucidité et une perspicacité hors du commun font l'intérêt de ces pages.

Une vie en l'air, de Philippe Vasset. Fayard, 192 pp., 18 €

Enquête sur les

«

ruines d'un futur qui n'a jamais brillé

»

, l'aérotrain imaginé et conçu par Jean Bertin, une rampe interminable qui barre le paysage de la Beauce. Dix-huit kilomètres de rail où fut réussi un magistral essai en 1974, record de vitesse sur coussin d'air, suivi d'une gigantesque catastrophe industrielle. Pour l'auteur, qui rêva enfant devant ce monument abandonné, il y a là la plateforme d'où ont décollé beaucoup de ses rêves, et sans doute, la plupart de ses livres.

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