Elle avait l'air un peu étonnée que Libé lui propose de faire son portrait. Ariane Geffard, «agent littéraire, apporteur de projets slash directrice d'ouvrage», exerce normalement en femme de l'ombre. Négocier est une grande part de son métier, très commun dans d'autres pays, pas encore en France. Alors parler ne la dérange pas, mais elle craint juste un peu l'exposition, avoue-t-elle, vive et chaleureuse, installée en habituée dans un café parisien presque aussi élégant que sa longue robe à motifs violets. Elle se dit «petit agent», se sent, à 35 ans, un peu verte pour l'exercice. Si elle a accepté de se raconter, c'est parce qu'elle s'est «beaucoup questionnée sur la façon dont on trouve sa voie». Les gens prennent rarement le temps d'expliquer comment ils y sont arrivés, juge-t-elle. Donc elle-même tente, rigoureuse et carrée, de proposer un récit clair, une trajectoire. Elle dit avoir lu beaucoup d'autofiction, et cela se sent. Pourtant, la jeune femme ne s'est pas spécialisée dans le roman de soi. Non, les «autrices» qu'elle conseille et dont elle négocie les droits «font aujourd'hui le féminisme en France», tout en incarnant des chapelles différentes. Emma, la dessinatrice qui a propulsé la notion de charge mentale dans le débat public avec sa BD partagée des dizaines de milliers de fois sur Facebook ? Représentée par Geffard. Amandine Gay, réalisatrice d'Ouvrir la voix (2017), documentaire remarqué sur les
Le portrait
Ariane Geffard, des plumes et des elles
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Cette agente littéraire représente les jeunes auteures féministes les plus en vue, d’Emma à Mona Chollet en passant par Titiou Lecoq.
(Photo Martin Colombet pour «Libération»)
Publié le 20/01/2020 à 18h36
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