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Critique

Les failles de Los Angeles

Sous forme de chroniques drôles ou nostalgiques, la journaliste Cécile Delarue dresse un constat de ses dix ans passés en Californie.

Entrelacs de périphériques à Los Angeles. (Makena Stock Media/Photo Makena Stock Media. Plainpicture)
Publié le 26/02/2020 à 18h21

Pourquoi Los Angeles et non pas New York ou San Francisco ? «Los Angeles, c’est vide. Il n’y a que des voitures, pas de culture […]. Il fait beau mais on ne peut pas marcher.» C’est vrai, mais c’est bien quand même. La journaliste Cécile Delarue s’installe en 2010 dans cette ville qui n’en est pas une et qui n’est constituée que d’entrelacs de périphériques et de collines désertes sur lesquelles rampent les serpents. Elle part y rejoindre Olivier, qui deviendra son mari. Tous deux espèrent devenir des «best-selling autors». Dix ans plus tard, deux enfants sont nés mais le rêve professionnel ne s’est pas réalisé. Faut-il rentrer en France ou s’accrocher encore un peu ? Avant de trancher, Cécile Delarue compose le portrait de Los Angeles en convoquant ses souvenirs selon un désordre agréable et distancié : elle est sans cesse en décalage avec les situations qu’elle vit, et comment ne pas l’être dans cette «bulle» d’immaturité, de préjugés et d’émerveillements factices. Elle doit s’habituer aux discussions avec des féministes très modernes qui croient dur comme fer en la sorcellerie, et admettre le prix d’un accouchement : 20 000 dollars (18 500 euros environ) s’il n’y a pas de complication. A Los Angeles, «le groupe, c’est la solution à tout», sauf pour les sans-abri qui errent comme des «zombies». Mais partir signifie aussi dire adieu à l’eucalyptus qu’elle salue tous les matins, à la maison en bois qu’elle aimerait acheter un jour «pour une petite retraite d’écriture», et aux grandes vagues de la plage de Santa Barbara.

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