Certes, certes, les victoires idéologiques ne sont pas toujours remportées par la droite. Il arrive, même dans les dernières années, que la gauche en remporte quelques-unes. Sur le bouclier fiscal, par exemple, elle est magnifiquement parvenue à accrocher aux pieds de Sarkozy, comme un boulet, l’étiquette de défenseur des riches (étiquette exacte, même si l’affaire représente des montants négligeables). Pourtant, si l’on y réfléchit, quelle belle, quelle magnifique victoire de la droite, d’avoir réussi à faire pénétrer dans les esprits cette idée simple : «Puisqu’on vit plus longtemps, on doit travailler plus longtemps.» Non pas que cette proposition soit forcément fausse. Mais tout se passe comme si elle ne pouvait même plus être discutée dans l’espace public. Comme si la contester revenait à prétendre qu’il fait nuit à midi. Dieu sait si pourtant l’époque se plaît à tournebouler les idées économiques reçues. L’euro faible est-il forcément synonyme d’enfer ? Est-ce forcément un mal que nous vivions «au-dessus de nos moyens» ? Ces évidences d’hier sont aujourd’hui discutées. Mais l’évidence démographique, elle, perdure. Cette unanimité ouateuse, qui n’est pas sans rappeler l’évidence du vote «oui» lors du referendum de 2005, se traduisait, par exemple, l’autre semaine, dans l’insistance d’Arlette Chabot à faire condamner par Dominique Strauss-Kahn le «dogme» de la retraite à 60 ans.
Patronne de l'information de France 2, intervieweuse en titre des présidents et des prétendant




