«Le futur promet un incroyable accès au divertissement […] grâce au juke-box céleste. Que cela prenne la forme de satellites ou de câbles et fibres optiques attendant l'ordre d'un abonné - comme on jetait une pièce dans un juke-box - pour le connecter à un vaste entrepôt à travers un récepteur qui combinerait la puissance d'une télévision, d'une radio, d'un lecteur de CD, d'un magnétoscope, d'un téléphone, d'un fax et d'un ordinateur.»Nous sommes en 1994, l'antiquité d'Internet. Paul Goldstein, professeur de droit à l'université Stanford, en Californie, vient de définir en quelques lignes de son ouvrage fondateur (1) ce qu'est aujourd'hui notre consommation de musique, et plus largement de culture.
Après presque vingt ans de maturation, le «juke-box dans l'espace» est désormais à la portée de chacun : il s'appelle Deezer, Rdio, Mog, Spotify, Qobuz, Dhingana, Simfy Africa… Des services de «streaming», qui proposent entre 15 et 20 millions de titres à leurs abonnés, accessibles partout et à volonté, et viennent secouer la vieille logique de la possession pour nous projeter dans l'ère de l'accès.
«Virage». «Les plus jeunes, la génération YouTube, écoutent




