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Le cinéma du citizen Karl

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Lagerfeld, qui ne fréquente pas les salles et préfère les films muets, se lance depuis quelques années dans la réalisation.

Karl Lagerfeld lors d'un défilé Chanel sur le port de Saint-Tropez le 11 mai 2010. (© AFP Gerard Julien)
Publié le 22/06/2010 à 0h00

Parler cinéma avec Karl Lagerfeld revient à occulter 99% de l'histoire du septième art pour se concentrer sur quelques joyaux. L'homme ne va pas dans les salles, ne regarde pas de films à la télé («les voix qui sortent d'un écran me sont très désagréables ; j'ai l'impression d'entendre des fantômes») mais se tient au courant par ses proches. Comme il a déjà photographié tout ce que Hollywood compte de stars, qu'il a connu Marlène Dietrich, travaillé avec Nicole Kidman et peut parler des réalisateurs avec Isabelle Huppert, on peut considérer qu'il est relativement bien informé sur les mœurs du milieu.

«Une poupée que je manipule»

Dans son panthéon personnel, il place tout en haut le Cabinet du Dr Caligari, film réalisé par Robert Wiene en 1921, en noir et blanc, expressionniste et muet (ces trois derniers critères sont cruciaux pour KL). Précisons que ce long métrage, objet de fixation des cinéphiles depuis des décennies, est d'une nature esthétique assez particulière : les trois artistes en charge des décors se sont lâchés dans un déluge expressionniste. La chose - assez expérimentale - ne peut que plaire à un couturier qui brode à l'infini sur les rapports entre le noir et le blanc lorsqu'il officie pour Chanel. Le scénario machiavélique fait les délices de KL : le Dr Caligari exhibe dans les foires Cesare, un jeune homme somnambule maigrichon et corseté dont le spectacle attire les foules. La fin du film révèle que le Dr Caligari dirige égalem

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