Depuis toutes ces années, on se doutait que Riccardo Tisci n'avait pas besoin de tout ce noir pour faire éclore chez Givenchy sa mode gothique et vénéneuse. Il l'a prouvé dans un hôtel particulier de la place Vendôme, où étaient présentées dix silhouettes aux couleurs heureuses et tragiques de l'Amérique latine : blanc, chair, or. Le créateur italien n'a jamais caché son goût pour le drame, la beauté, le bonheur rentré - et ce tiercé magique correspondait cette fois-ci à l'artiste mexicaine Frida Kahlo. La flamboyante peintre avait tout pour elle : estropiée, furieuse, féministe, talentueuse et obsédée par la mort, en écho à la manière singulière, puisqu'ostentatoire, festive, qu'ont les Mexicains de célébrer leurs disparus. Et hop, ainsi s'est découverte la collection Givenchy, débordant de plumes d'autruche et de dentelle, de cuir et de tulle, toute de majesté et de clins d'œil. Ainsi ces pierreries «reconstituant» le squelette, ces petits crânes sur des vestes rebrodées, ouvragées à la folie comme celles des toreros. Par ce maniérisme ultra-maîtrisé, Riccardo Tisci réussit, au croisement de l'art et du commerce, de l'obsession et du talent, à produire les plus saisissants tableaux fashion du moment.
Ils ne sont pas très connus mais cela vient, peu à peu. Les deux créateurs bulgares d'On aura tout vu, Livia et Yassen, comptent désormais parmi les chéris de Lady Gaga, l'ultime créature pop moderne, qui les a découverts grâce à son superstyli




