La créature reçoit en son palais. Et comment ! La magnificence n’a pas de limite dans l’antre de mademoiselle Zahia, d’une élégance folle si l’on aime à la fois Hello Kitty, Jeff Koons et les mignardises d’adolescence. Le salon ressemble à une bonbonnière où trône une gigantesque table basse, dont le diamètre suffirait à remplir une studette parisienne. Autour, des extravagants canapés de créateurs et des fauteuils tout aussi pop.
Le tapis, ainsi que les tablettes où poser son verre, blanches en forme de flaques d'eau, ont été dessinés par Zahia (et exécutés sur mesure), apprend-on par la bouche de son «consultant», Frédéric-à-la-barbe-noire-bien-taillée, qui aimerait vraiment qu'on évite de parler de lui – mais qu'on ne peut éviter pour tout ce qui concerne Zahia. Il s'occupe d'elle depuis plus d'un an et se définit comme quelqu'un qui «recadre les images».
Jean-François, l’attaché de presse qui promeut la collection de lingerie de Zahia, est également là. Tout est sous contrôle, bien mis, ralenti, mesuré, poudré. Mais la princesse se fait attendre.
Enfin la voilà ! Elle a le geste calme, la parole rare. Pas d'effervescence, quelques sourires, une timidité qu'on maîtrise. Aucun bijou n'orne sa peau, ses ongles sont plutôt courts, peints d'un vernis clair. Elle porte une petite robe noire du plus simple effet (et très couture), des stilettos noirs qui la grandissent, et le sillage entêtant de son parfum (Miss Dior Chérie), se diffusant dans tout l'appartement, est la s




