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Alice dans les filets d'Araki

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À Tokyo, le maître du bondage Nobuyoshi Araki a photographié l’élégante punk Alice Dellal. Rencontre intime, nocturne, noueuse.

Alice Dellal (Nobuyoshi Araki)
Publié le 21/05/2012 à 10h57

Alice habite un pays punk qui n’existe que dans sa tête. Alice se croit en 1977. Sous l’allure offensive (crâne à moitié rasé, tatouages, piercings, bas résille troués, godillots râpés), se dévoile une fille de l’époque, plutôt joyeuse et réservée, que voilà, grâce à cette ambivalence aussi, intronisée égérie du nouveau sac Chanel, le Boy.

Dans un Tokyo de printemps qu’elle visitait le temps de quelques festivités avec Karl Lagerfeld, on l’a emmenée faire un tour chez Nobuyoshi Araki. Ce photographe a le goût des femmes et des entraves, l’un comme l’autre faisant sa renommée dans l’archipel où son travail, à l’inverse de sa réception plus arty en Occident, est ultra-connu.

Il était tard, elle avait avalé des nouilles en chemin dans une gargote, et cela faisait quand même des heures, des jours (ou peut-être est-ce sa vie toute entière), qu’elle se montrait, souriait, donnait des interviews, posait en vitesse pour des photographes, n’ayant qu’elle-même et cette beauté sauvage à vendre. L’arbre généalogique d’Alice importe. Son pays des merveilles est sa famille.

Aujourd’hui, c’est par les héritages que se transmettent les tiares de la célébrité. à 24 ans, elle est la petite-fille de Jack Dellal, surnommé Black Jack pour sa propension au jeu. Fils de Juifs irakiens émigrés en Grande-Bretagne au début du XXe siècle, Jack a été marié trois fois, a eu sept enfants dont un fils, Guy, qui dirige désormais le groupe familial d’immobilier (la fortune de Black Jack a été évaluée en 2009 p

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