Evidemment, ce n'est pas banal d'être accueilli par une paire de pompes Alexander McQueen, accrochées à ce qui semble être des jambes masculines. Le tout sur un socle en poubelle fondue (sac inclus). Plutôt cocasse aussi cette silhouette flippante à l'entrée de la Gaîté lyrique, tronçonneuse en main, prête à déchiqueter les visiteurs de l'exposition «ARRGH ! Monstres de mode», des mains coupées jonchant le sol couvert d'un océan de fringues, une installation signée Andrea Crews. Plus haut, sur l'escalier, c'est une autre créature, portant une longue traîne, silhouette à la Star Wars, qui surveille le flot des humains.
Ils sont 80 monstres, de foire ou mythologiques, présentés dans le musée. Créatures imaginées par des stylistes ou bien mode créée pour des créatures ? Les deux. «ARRRGH ! Monstres de mode» est une excroissance de Pictoplasma, festival berlinois invité en décembre 2011 à la Gaîté lyrique, qui avait, à cette occasion, organisé un module sur les «post digital monsters», influencé par le phénomène du character design, soit l'idée de s'habiller à la façon d'un personnage.
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Le collectif grec Atopos («inclassable», «inconvenable», dans la langue de Périclès) s'en est inspiré et a conçu l'exposition actuelle, le commissaire, Vassilis Zidianakis, étant l'auteur de Not a Toy, Fashioning Radical Characters, livre référence, paru en 2011, sur la monstruosité présente dans la mode. «Les designers et les artistes ne proposent




