A propos du stupéfiant show Saint Laurent, lundi soir, on a tout entendu. Des appels à la démission du designer Hedi Slimane, aussi embarrassants que les panégyriques faisant de lui un visionnaire ; des questionnements sur le sens même de son mandat à la tête d'une si prestigieuse maison ; des emballements assez puérils de rédactrices pour une collection qu'elles regrettent peut-être de ne pas-plus pouvoir porter, mais qu'elles seront éventuellement choquées de découvrir sur le cul de leurs gamines. On a également convoqué le grunge, Kurt Cobain et Courtney Love, on a salué en Slimane un type courageux qui remet la mode à sa place, du moins la mode telle qu'envisagée jadis par YSL : une provocation qui choque le bourgeois et épouse les contours d'une époque tumultueuse.
Soit. Vive le coup d'éclat. Combat Rock, chantaient les Clash. Sauf qu'au banquet offert par Slimane on vit plus de laideur que de splendeur. D'indifférence trash, à la Spring Breakers, que d'audace. On rêvait de costards à la Bowie, de dégaine à la Blondie ? A la place, porté par des mannequins à l'air morne, on eut droit à une pantomime rock réduite à son simple alphabet stylistique. Manteau de cuir ; bottes de cuir plates accessoirisées girly ; larges chemises à carreaux ; bas résille.
La question qu’on aimerait poser à quelqu’un d’aussi doué et intelligent que Slimane, que l’installation à Los Angeles depuis des années aurait pu nourr




