Il y a les robes de fées, qui font tourner la tête des midinettes, les beaux tissus, les dentelles, les soieries que les femmes chez Zola s’arrachent en s’entretuant dans une lutte quasi-érotique. Et il y a ces œuvres d’art rassemblées à l’Hôtel de Ville de Paris, sous le titre de «Paris haute couture», une centaine de modèles, sortis du musée Galliera, des plus grands noms de la mode depuis 150 ans, époustouflants de savoir-faire, de créativité, de couleur, d’audace, de référence: un vrai langage, celui de Worth, de Dior, de Chanel, de Lanvin, du divin Poiret, de Vionnet, la liste est longue comme le bottin modain de cette fin du XIXe siècle à nos jours.
Un sublime tailleur, une robe du soir parfaite, une robe de bal majestueuse, un manteau œuvre d’art : dans ses silhouettes sous verre qui se répondent et se mettent en regard les unes et les autres, on touche du doigt «
cet art majeur de notre temps qu’est la haute couture»
, comme l’écrit lyriquement le maire de Paris, Bertrand Delanoë en préface de la présentation. L’expo est gratuite, accessible, et le public, très nombreux, ne s’y est pas trompé et s’extasie au fil des tenues. Mais pas seulement : les photos des ateliers de couture, la mise en avant des techniques artisanales des plumassiers, des brodeurs, de toutes les petites mains (et des plus célèbres, comme on le voit sur les photos noir et blanc des mains des créateurs) sans lesquelles la haute couture n’existerait pas. Olivier Saillard, directeur du musée G




