Après tout, il en va des expositions sur le luxe mythique comme des installations d’art décroissant: il faut des sacs qui traînent, des attachées de presse qui volètent, des ouvriers qui clouent, et même des jardiniers presque fichés en terre pour finir leurs plate-bandes à temps. L’accrochage de l’exposition «No 5 Culture Chanel», conçue par Jean-Louis Froment ne fait pas exception: on est jeudi, l’ouverture se fera ce dimanche 5 mai au Palais de Tokyo à Paris, les choses sont bien avancées mais on sent quand même une certaine urgence.
Les jardiniers, une petite dizaine, mettent la dernière main au Jardin aux mille espèces, conçu par le néérlandais Piet Oudolf et commencé l’an dernier. Il restera en place un an après l’expo, qui elle ne dure qu’un mois. Bien entendu, les plantes ici présentes n’évoquent en rien les fragrances du 5.
Après une entrée par la rue de la Manutention, plus confidentielle et moins convenue que l'entrée principale, ce sont des escaliers en ferraille quasi-new yorkais qui porteront le visiteur au deuxième étage, à la salle dite du «saut du loup»: 1200 m2 rectangulaires avec un coude au fond, le tout impeccablement blanc (évidemment), du pur, du dépouillé, (pour l'heure en chantier mais ça avance), trois rangées de plexiglas comme des pupitres. Le regard glisse sans obstacle tout au long de la pièce et la relation entre public et oeuvres se fait en transparence. En fluidité. En élégance. En Chanel? Non: en chaussons en plastique blanc, comme à




