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EXPOSITION

Madame Alice de sape et d’époque

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Le musée Carnavalet se glisse dans la garde-robe d’Alice Alleaume, vendeuse de la place Vendôme et habilleuse hors pair du Tout-Paris des années folles.

Mousseline de soie rose. (Photo Stéphane Piera. Galliera. Roger-Viollet)
Publié le 18/10/2013 à 18h36

Sa Majesté la reine Victoria d’Espagne faisait 96 cm de tour de poitrine, 73 de tour de taille, 162 en longueur totale de l’épaule au parquet. En 1917, elle a commandé deux robes à la maison Chéruit, place Vendôme, qu’il faut alors modifier selon les goûts de la souveraine : gommer l’effet jupe-culotte de l’une, accentuer le décolleté de l’autre (et il faudra bien sûr voir avec sa femme de chambre où les faire porter). La princesse de Broglie a acheté la même robe mousseline que la duchesse de Gramont, la copieuse, tandis qu’en 1917, la duchesse d’Arion, très fidèle cliente, ne retient pas moins de vingt-cinq pièces pour la coquette somme de 24 550 francs.

Annotations parfois cruelles

On pourrait énumérer quasiment sans fin les robes, corsages, fourrures commandées entre 1912 et 1923 par le gotha international à Madame Alice. Cette première vendeuse de la maison Chéruit a tout consigné dans de drôles de petits carnets qui figurent dans l'exposition «Roman d'une garde-robe, le chic d'une Parisienne de la Belle époque aux années 30», au musée Carnavalet. Il y a là 400 pièces de la penderie personnelle d'Alice Alleaume, robes, accessoires, échantillons textiles, manuscrits, carnets de bal et de vente, récupérés par le musée Galliera grâce à une donation récente, qui mêlent inextricablement Madame Alice, épouse de banquier, mondaine des années folles, élégante, follement chic même, au monde des créateurs, à travers la maison Chéruit (aujourd'hui disparue) sise place Vendôme, dans le triangle d'or de la sape

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