Les défilés parisiens de Yiqing Yin font penser à des films de Miyazaki. Il y règne une atmosphère étrange. On ne sait si ses héroïnes, enveloppées de toiles d’araignée, d’un cocon ou de corail, sont les victimes ou les souveraines d’une nature exubérante. La dernière collection de cette Française d’origine chinoise s’intéressait à la métamorphose du papillon. Une abondance de matières pelucheuses (robes en surjet ou jersey feutré, fourrures blanches tachetées de noir) rappelait le stade primaire de la chenille. Par petites touches, l’apparition du lépidoptère se dessinait : des perles brodées sur un ensemble sombre esquissaient les ailes, une combinaison en organza, tellement souple qu’on la croyait liquide, évoquait le mouvement de la bête prête à voler.
Outre leur intrigante beauté, ses vêtements frappent par leur déconnexion avec la réalité : on ne retrouve pas de boutons ni de col de chemise. «Ils comportent très peu de codes sociopolitiques», ajoute la créatrice.
Yiqing Yin est «la» fille qui agite la sphère de la mode. Ses collections sont ambitieuses et se démarquent dans le flot de défilés, mais pas seulement. A 28 ans, elle a déjà fait sensation en habillant Audrey Tautou, la maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes 2013. Sa maison n’a que trois ans d’existence et emploie deux salariés, mais elle fait déjà partie du calendrier officiel de la haute couture (en tant que membre invité).
Deux jours avant son défilé, on rencontre Yiqing Yin dans son petit atel




