Dans le cirque modeux, Jun Takahashi suit une ligne tangente, dans le confortable cocon qu'offre la marge. Avec sa griffe Undercover, le Japonais propose, depuis le milieu des années 90, sa propre définition de la mode. Comment la qualifier ? «Je ne sais pas», disait-il, le 27 février, au lendemain de son défilé automne-hiver 2014-2015, dans son showroom, emmitouflé dans un manteau de mouton retourné, les cheveux décolorés en blond et un tatouage home-made sur le lobe de l'oreille.
Takahashi n'est pas bavard. Après tout, les créateurs sont rarement des êtres de mots, les images les animent. Cette saison, Takahashi a présenté des tenues d'apparat, des ensembles élisabéthains, des capes royales effroyables. La saison dernière, c'étaient des robots, des cyborgs couverts de slogans lumineux et vides de sens. Encore avant, des Playboy bunnies détraquées, parées de motifs de viscères…
Takahashi est à part, non pas à cause de ses silhouettes déstructurées, parfois terrifiantes, mais parce qu'il est l'un des rares créateurs à insuffler dans chacune de ses collections une réflexion. Sur le vêtement, sur son histoire, mais également sur le reste : les contre-cultures, la politique, la pop culture, l'entertainment. «Chaque saison, je pars d'une idée et j'ajoute quelque chose. Et je regarde la réaction chimique. Là, l'objectif était de construire des habits avec des écharpes, des châles. De créer des formes qui ne soient pas des habits.» Une antimode, e




