La mode, c'est comme la cuisine. Avec les mêmes légumes, on peut inventer des recettes différentes. L'époque est un nuage où se croisent l'esthétique des réseaux sociaux, la relecture permanente des contre-cultures, l'obsession de définir un style parfaitement contemporain. Il y eut, il y a quelques années, les Seapunks, soit des punks qui aimaient les dauphins (voir le mensuel Next de juin 2012) ou, plus récemment, le normcore, célébration de la banalité.
Lycra. Quel est le plat du jour ? Le Health Goth ou «le gothique sportif et en bonne santé». Encore un mot-valise et encore un oxymore. Mais que recouvre l'expression ? La meilleure manière de trouver une réponse est sans doute de lancer une recherche sur Google Images. Que voit-on ? Quelques modèles de baskets Nike, des jeunes gens vêtus de tenues de sport, de maillots en lycra ou de survêtements. Mais tous ces jeunes gens font sacrément la tronche, ont le regard dark. Le Health Goth se résumerait-il à la vision surréaliste d'un faux vampire en pleine séance de jogging ? Pas vraiment, et il faut fouiller un peu pour appréhender ce micromouvement plus visuel qu'humain.
Sur Facebook, une toute petite communauté Health Goth se fédère autour d'une page du même nom. Y sont postées des images d'équipements sportifs, de bras robotiques, de vêtements signés de




