Kamel Mennour, le nom ne vous dit rien ? Pas grave, mais la sphère de l'art contemporain sait parfaitement que cet homme élégant est à la tête de sa galerie, l'une des plus importantes de Paris avec, dans son écurie, Daniel Buren ou Claude Levêque. Mais, vous avez vu son visage lunetté et barbu (de trois jours) dans la nouvelle campagne du BHV Marais. Avec ce slogan : «Grâce au BHV Marais, ne courez plus les vernissages pour approcher les créateurs.»
Un galeriste dans une pub, l'idée est étonnante. Guillaume Houzé, chargé de l'image et de la communication des Galeries Lafayette et du BHV Marais (et héritier de la famille propriétaire) : «Il nous a paru intéressant de confronter son image, même méconnue, au passé du magasin. Car c'est au BHV qu'a été inventé l'art contemporain, au début du siècle, quand Marcel Duchamp a acheté un porte-bouteilles et en a fait le premier ready-made.» Plus pratiquement, ce choix qui se veut très arty accompagne la reconfiguration récente du magasin et l'injection d'espaces dédiés à la mode.
La galerie Kamel Mennour est située rive gauche, soit de l'autre côté de la Seine par rapport au grand magasin, mais peu importe. Ce que révèle cette campagne, c'est une redéfinition du métier de galeriste. Il n'est plus seulement l'homme de l'ombre qui baby-sitte un plasticien, mais une figure mondaine, un cover-boy potentiel. Une mutation qui explique le nombre de réactions (amusées, offusquées ou sympathiques) à cette campagne dans le mili




