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Pyjama parti ? Pyjama partout…

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En soie ou en pilou, le vêtement de nuit de papa opère un étonnant retour et gagne même les podiums.

Défilé Dries Van Noten, collection hommes automne-hiver 2013-2014. (Photo Vincent NGUYEN)
Publié le 19/09/2014 à 17h06

De loin, on dirait des petits papillons qu’un naturaliste pervers aurait épinglés dans un cadre. Mais les panneaux de verre font plusieurs mètres de hauteur et, pressés entre les vitres, ce ne sont pas des lépidoptères, mais des pyjamas. Oui, de bons vieux pyjamas, en soie, moirés, luxueux, dégotés dans les allées du Bon Marché, à Paris. L’artiste contemporaine Lili Reynaud-Dewar les a installés là, sur les murs de la galerie Kamel Mennour, pour l’exposition «Vivre avec ça ?!». Dans ces sculptures, il n’y a rien d’humain, mais du mouvement. Comme si ces figures cherchaient à prendre vie, à s’échapper, façon l’homme invisible. En encastrant ces habits dans du verre, la plasticienne, dont le travail questionne les archétypes identitaires, sociaux ou de genre, nous invite à scruter ces pyjamas décadents, à comprendre comment ces vêtements, par définition inanimés, peuvent donner naissance à une imagerie très particulière. Celle, pour résumer, du grand bourgeois en costume soyeux.

Confort désuet, glamour à l’ancienne

«Pourquoi un pyjama / à rayures, à fleurs ou à pois ? / Pourquoi un pyjama / En coton, en fil ou en soie ?» faisait chanter Serge Gainsbourg à la reine de la nuit Régine en 1966. Et l'on pourrait reprendre la question, cruciale : pourquoi parler du pyjama masculin, uniforme nocturne qui semble directement venu du passé, à l'heure où le combo tee-shirt-caleçon semble avoir colonisé les nuits masculines ? Qu'il s'agisse de l'habit de nuit luxueux ou du pyjafroc en jersey, il déclenche les discuss

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