Gaby Aghion était l'un des derniers témoins d'une époque révolue : née en 1921, elle a contribué à l'avènement du prêt-à-porter dans les années 60, par le biais de sa marque Chloé (dont le défilé, ce dimanche après-midi, est maintenu).
La créatrice s'est éteinte samedi, dans son appartement parisien, à l'âge de 93 ans. Si la cause exacte de son décès n'est pas encore connue, elle avait, ces dernières années, rencontré des problèmes de mobilité et avait reçu la légion d'Honneur en décembre dernier en chaise roulante.
Née à Alexandrie en Egypte, Gaby Aghion arrive à Paris à 18 ans. Déçue par l'absence d'intermédiaire entre la Haute Couture et la confection bon marché, elle décide de lancer sa propre maison qu'elle baptise Chloé - un choix audacieux à une époque où quasitment toutes les marques portaient le nom de leur créateur (Dior, Chanel, Givenchy...).
Sa vie en Egypte lui a donné le goût du plein air et des couleurs chaudes. Elle crée des vêtements souples et confortables qui n'entravent pas les mouvements du corps dans une palette de sable, beige-rosé et ocre. Autre entorse aux habitudes de l'époque: elle organise son premier défilé en 1958 au café de Flore, rive gauche, pour être proche de l'énergie de la rue, plutôt que dans un salon privé.
Lorsque sa maison prend de l'ampleur, Gaby Aghion s'entoure judicieusement de jeunes créateurs tels que Gérard Pipart, Maxime de la Falaise, Christiane Bailly, Michèle Rosier et Grazielle Fontana. Les collections sont le fruit d'un trava




