«C'était une veste masculine toute simple, façonnée par un tailleur anonyme. Je l'avais trouvée aux puces. Chez moi, je me suis amusé à la découper. à l'intérieur, c'était fascinant : une vraie architecture permettait à cet ensemble, en apparence banal, de tenir.» Cette veste, Lucas Ossendrijver ne l'a plus. Elle a fini déchiquetée chez ses parents, dans une campagne près d'Amsterdam. Auparavant, le jeune homme, dont le père tenait une entreprise de construction, s'amusait avec des objets de bois, fabriquait d'étranges coffres-forts. Mais une fois cette veste détruite comme un Lego textile, il a décidé de ne plus lâcher les vêtements, d'en faire son terrain de jeu. Et, plus de vingt ans après, ce quadragénaire à l'allure filiforme de jeune homme s'amuse toujours, sérieusement peut-être, à modifier d'un millimètre une épaule, à poser un bouton-pression quelque part sur un costume masculin, «pour voir comment ça fait».
Réserve et réflexion
Son bac à sable actuel est, depuis fin 2005, une enfilade de pièces près de la place de la Concorde à Paris : les ateliers de Lanvin, où il est en charge des collections homme. Et c'est de cet espace, peuplé par une poignée d'assistants et de stagiaires, que sortent quelques-unes des collections les plus remarquées du prêt-à-porter masculin. L'ambiance semble sympathique : «J'aime les gens qui proposent des choses, qui se battent pour une idée, mais qui sont réservés», confie-t-il comme s'il parlait de lui-même. La discrétion qui l'anim




